NORTH SEA JAZZ FESTIVAL

GIRL POWER

7/8/9 JUILLET, ROTTERDAM

Grace Jones mange des huitres et boit du champagne. Un régime qui, à près de soixante-dix ans, lui permet d’arborer sur scène une silhouette sculpturale, le corps nu couvert de peintures tribales. Beyonce et Rihanna subversives ? Scotché par la liberté de l’égérie des années quatre-vingt, le public a la réponse. En matière de transgression et d’avant-gardisme, la jamaïcaine ne joue pas dans la même cour : son show à couper le souffle (des versions stroboscopiques de « Pull Up To The Bumper », « Slave To The Rhythm » et des nouveaux morceaux tournés vers Kingston) a lancé le North Sea.

SOLANGE

L’édition 2017 serait placée sous le signe des femmes de caractère. Mavis Staple, comme à ses plus beaux jours. Mary J Blige, guerrière ressuscitée, Solange, un ange passe. Laura Mvula, du style et du cran. Badu… Badu, L’intransigeance, artistique et au-delà. Puis une légende.

GLADYS NIGHT

On aurait fait le déplacement que pour elle. Gladys Knight. Sans Aretha, elle serait la number one. Sans Diana Ross aussi, qui chez Motown avait les faveurs du boss. Reléguée dans le circuit (lucratif) de Vegas (les covers et les arrangements qui vont avec…), Gladys Knight donc, a gardé cette voix reconnaissable dans l’instant. « Neither One Of Us », « Rainy Night In Georgia », « I Heard It Through The Grapevine » : des dizaines de versions mais aucune pour rivaliser avec cette justesse des sentiments. Gigantisme, grosse machinerie ? Le North Sea c’était aussi Kamasi Washington possédé au milieu de la nuit, Mark Giuliana et son quartet renversant de virtuosité collective, Corey Henry habité… Géant oui. R.G.

DONNY MCCASLIN 

Le prix Paul Ackett (fondateur du North Sea Jazz Festival), remis au saxophoniste Donny McCaslin, 50 ans, artiste soutenu par la Fondation BNP Paribas, successeur de Tigran Hamasyan et Cecile McLorin Salvant. Jan Willem Luyken (à gauche sur la photo), directeur du festival, et Jean-Jacques Goron (à droite, Président de la Fondation BNP Paribas).