JAZZ DES CINQ CONTINENTS

LE JAZZ DU FUTUR

24-27 juillet, MARSEILLE

 

Annoncés comme « les icônes du jazz du futur », Kawasi Washington et Robert Glasper – manifestement complices hors scène -, offrent deux performances assez dissemblables. Électrique à souhait et excessive sur les basses fréquences, celle de Glasper s’appuie sur des truculentes combinaisons sonores et les performances du batteur Mark Colenburg ; plus acoustique et décidément plus habitée, celle de Washington révèle une dramaturgie conceptuelle plus riche, qui engage chacun des musiciens de son collectif…Seule musicienne serbe sur la scène internationale, la blueswoman Ana Popovic s’est depuis plusieurs années déjà immergée dans la culture noire afro-américaine avec sincérité pour offrir une musique intense et explosive.

Plus tard, l’engouement populaire est au rendez-vous pour les retrouvailles avec Georges Benson – vivant à la guitare, son répertoire s’avère ennuyant à terme – et surtout pour accueillir et chanter en chœur avec Imany, qui ne se contente pas de soigner sa présence vocale et le charme de ses mélodies, mais sait aussi parler aux gens avec force et intelligence… Le tendre après-midi entourée des enfants (le sien, et celui de sa soeur Anoushka Shankar) laissait présager un heureux concert : de fait, Norah Jones peaufine sur scène les chansons de son dernier disque, et ravit avec beaucoup de talent les milliers de fans qui comblent le Parc Longchamps. Les mêmes qui ont découvert par hasard et apprécié le poétique duo Nguyên Lê/Ngô Hông Quang, dans une séquence musicale pourtant plus proche de Hanoï que des formatages commerciaux.

F.C.