JAZZ A LA VILLETTE

ANGÉLIQUE KIDJO, SPANISH HARLEM ORCHESTRA

6 SEPTEMBRE, CITÉ DE LA MUSIQUE, PARIS

Très intense, joyeux et émouvant à la fois, le concert hommage à la chanteuse cubaine Celia Cruz (intronisée jadis « Reine de la Salsa ») a dépassé toutes les attentes. Étonnante de justesse dans un répertoire qui n’est pas le sien – de «Quimbara» à «Toro Mata» – la performance (musicale et chorégraphique) d’Angélique Kidjo fut impressionnante tout au long de ce parcours itinérant, des États Unis au Pérou, de Cuba au Brésil. Dans un espagnol à l’intonation parfaite, la chanteuse béninoise a au passage épaté les centaines de latinos réunis pour célébrer la « salsa dura » du Spanish Harlem Orchestra, programmé en première partie.

Arrivée en terrain propice – des corps déliés et l’esprit à la fête -, Angélique Kidjo a développé son programme, s’appuyant sur un groupe pluri-culturel de musiciens rompu aux rythmes afro-latinos (un poil funkysés, comme il est d’usage dans les quartiers latinos de New York -où elle habite), dans lequel brilla de mille feux le poly-rythmicien Pedrito Martinez aux congas. L’hommage à Célia Cruz laissa aussi une place importante pour célébrer la mémoire de Myriam Makeba – influence fondamentale de Kidjo – sur un «Pata Pata» repris en chœur par un millier de personnes captivées par l’énergie contagieuse et la présence scénique de la chanteuse de Cotonou, devenue une véritable star de la musique africaine contemporaine et une militante irréductible de la défense des droits des femmes.

DON BRYANT, GREGORY PORTER

5 SEPTEMBRE, GRANDE HALLE, PARIS

© C. Dherouville

Son album Don’t Give up on Love, avait surpris tout le monde avant l’été, Don Bryant, vétéran des studios Hi Records était attendu sur scène. Passé un moment de frayeur – une chute au début de son spectacle -, le mari d’Ann Peebles, soixante-seize ans, a signé une performance magnifique, voix soul touchante, élégance et humilité, soutenu par les Bo Keys, le son d’Hi Records revisité, dans son jus.

© C. Dherouville

Quelques jours avant la parution de son hommage attendu à Nat King Cole, Gregory Porter a bouclé en beauté une année de lives intensive. Dans une Grande Halle en configuration debout, le chanteur a proposé une version groove de ses titres phares, avec un investissement et un supplément d’âme qui dissipent toute routine. En corsant son show, plus ramassé, plus funky, le grand cagoulé a assuré. Belle soirée de bout en bout.