JAZZ À VIENNE

NUIT PRINCIÈRE

7 JUILLET, THÉÂTRE ANTIQUE

Double hommage au Kid de Minneapolis. La veille du grand raout viennois, la prestation du NPG (New Power Generation, période 1990/2000) au Casino d’Enghien-les-Bains, électrifia les fans. Le devant de scène fut envahi dès les premières notes de « Sexy Motherfucker » et l’ambiance fut dingue jusqu’au final, portée par les grands succès princiers. Par la voix et le physique de son ami d’enfance et premier bassiste, André Cymone, ou grâce au jeu impeccable et aguerri des musiciens sous la houlette du directeur artistique, le clavier Morris Hayes, l’ombre du maître semblait planer au-dessus de ses ex-partenaires. Ambiance tout aussi joyeuse le lendemain, dans le superbe Théâtre Antique du Festival Jazz à Vienne, avec ses six mille places, toutes occupées pour assister aux shows de Juan Rozoff, Trombone Shorty et Larry Graham. C’est le vétéran Juan Rozoff qui eut la lourde tâche de lancer les festivités. Chapeau haut de forme, tenue léopard, armé de sa Telecaster, il reste l’un des meilleurs héritiers de Prince et le public ne s’y trompe pas. Juan Rozoff a son propre style et ne singe pas son illustre héros. Seuls deux ou trois fans auront reconnu un inédit de l’ « Artiste » en ouverture, suivi plus tard d’un très réussi « Girls and Boys ». Pour preuve de son succès, le groupe sera crédité d’un rappel avant de laisser la place à la tuerie de la soirée : le gang de Troy Andrews, alias Trombone Shorty. Sans jouer une note de Prince de tout son set, le chanteur-tromboniste-trompettiste neo orléanais a rafflé la mise haut la main avec un show grandiose, tout en puissance, ne laissant que quelques miettes à Larry Graham (malgré le renfort de Marco Prince et Jeanne Added sur quelques titres). Au final une grande et belle soirée pour cette trente-septième édition de Jazz à Vienne. JM