JAZZ À JUAN

SENIOR BLUES

16 ET 17 JUILLET, PINEDE GOULD, JUAN-LES-PINS

Avant la venue de Sting, celles de Wayne Shorter et de Jamie Cullum, la pinède accueillait deux monstres sacrés du blues. Buddy Guy d’abord, silhouette alerte et métier consommé, le guitariste a plus d’un tour dans son sac à force d’ écumer les scènes du monde entier depuis plus d’un demi-siècle. Commencé tambour battant, sur un « Hoochie Coochie Man » accrocheur, le bluesman a ensuite déroulé son set avec roublardise et tous les gimmicks de rigueur. « Il fait le show mais ne joue pas beaucoup », glisse une dame à son mari, dans les gradins. Pas faux. Du coup, le guitariste reprend le dessus et finit sur un hommage bien senti, à Eric Clapton, B.B. King, John Lee Hooker and co, pour laisser la foule sur une bonne impression après un rituel bain de foule. Pas de calcul chez le grand Taj Mahal, pas le genre de la maison. Une sincérité désarmante et une verdeur que les années n’entament pas. Du groove sérieux pour commencer (un « Senor Blues » engrainant), quelques jolies parenthèses folk au banjo, une grande complicité avec l’héritier Keb Mo, parfait relais de son joyeux mentor : mais pourquoi Taj Mahal n’a-t-il pas la reconnaissance des vieux routiers du blues qui enquillent les poncifs du genre quand lui s’échine à en faire partager toutes les richesses ?

R.G.