KARLA SUAREZ «LE FILS DU HÉROS »

 Tropique de rêves

En étant les enfants des jeunes qui ont fait la Révolution, Karla et sa génération son nés dans le processus révolutionnaire, et ils pouvaient se permettre de tout contredire, de tout critiquer, des sujets politiques et des tabous sociaux.

Pourtant, la Révolution de leurs parents, fut pour eux comme une succession de rêves avortés. «Cette ambiance optimiste a engendré en nous beaucoup de rêves. J’ai commencé la fac – ingénierie électronique- rêvant de transformer le monde, j’ai terminé mes études pendant la « période spéciale » (après l’effondrement de l’Union Soviétique, ce qui a provoqué une pénurie totale à Cuba, ndlr). On savait pas si on allait manger le lendemain. J’étais ingénieur électronique, dans un pays sans électricité ! En quatre ans, nos rêves sont disparus. Ce furent des années très bizarres à Cuba. Tu étais libre de tout faire, je pouvais écrire ce que je voulais, sans censure, mais on ne publiait rien, parce qu’il n’y avait pas de papier. Nous étions des écrivains fantômes !»

Les guerres de libération, en Angola et autres pays africains, expression d’une Cuba solidaire, des cubains héroïques qui donnaient leur vie pour libérer le monde, une génération de pères sacrifiés -et des orphelins perdus dans le tourbillon social-, c’est le cauchemar qui hante les personnages de Karla Suarez.

KARLA SUAREZ

Le Fils du Héros

Editions Métailié 260p