YOUN SUN NAH

PARIS, SEOUL, NEW YORK… ET RETOUR

La chanteuse a fait un long break afin de digérer une période aussi faste qu’intense. Enregistré à New York, son nouvel album témoigne des nombreux changements survenus pendant cette parenthèse.

Alors qu’à la suite de ses albums Same Girl et Lento, Youn Sun Nah était à l’apogée d’une carrière ascendante, soudain, elle est partie. Blasée par la superficialité du succès ? Blessée par des critiques déplacées ? Envie de retourner chez elle, à Séoul ? « J’étais vraiment très heureuse de jouer sur scène presque tous les soirs ! » dit-elle. « Je sentais l’amour du public. Je voulais donner davantage aux gens et, tout à coup, je me suis aperçue que je n’avais plus grand-chose de nouveau à leur offrir. »


L’été dernier, Youn Sun Nah a mis le cap sur New York pour écouter d’autres musiciens, dans les festivals et dans les clubs, avant de rentrer en Corée les oreilles pleines de sons. Les idées ont germé petit à petit et, en novembre, la chanteuse a commencé à envisager de travailler avec de nouveaux partenaires à un nouvel album. Point de départ du projet, le choix de Jamie Saft comme producteur et arrangeur… « Je connaissais le travail free avant-gardiste que Jamie Saft avait réalisé avec John Zorn. Or par hasard, je suis tombée sur ses morceaux originaux. J’ai été agréablement surprise de découvrir une musique très aérée. Je l’ai contacté par mail en lui demandant s’il pouvait être intéressé par l’idée de travailler avec moi… Il m’a répondu : « Yes, man! Cool, man! » (rires). Je l’ai rejoint près de Woodstock, à deux heures de New York, au milieu de montagnes habitées par des ours ! On a écouté et discuté musique pendant des semaines. J’ai découvert sa culture d’auteur compositeur et, pour finir, on a enregistré ce nouveau disque. »

Bien que disposant d’un studio à domicile, Saft a proposé à Youn Sun Nah d’enregistrer à Sear Sound, studio légendaire de New York. « Je voulais absolument inviter Marc Ribot. Il a suffi d’un coup de téléphone et d’un vrai coup de chance : il était à New York et il a répondu qu’il venait sans hésiter. Les autres musiciens (Brad Jones, basse, et Dan Rieser, batterie) sont aussi amis de Jamie, des gens sensibles et, musicalement, très cultivés. Travailler avec eux a été très agréable, d’une grande fluidité. »

Dans son nouveau répertoire, interprété dans un esprit assez jazz, on trouve des chansons folk et rock, signée Joni Mitchell, Lou Reed ou Jimi Hendrix. « Jamie écoute de tout, du métal au reggae. Il a une immense collection de disques. On a essayé beaucoup de morceaux et, finalement, j’ai choisi ces chansons qui font partie de la culture américaine, particulièrement à New York. J’apprécie énormément ces mélodies et l’écriture… »

Le titre de son disque est éloquent : She Moves On. Youn Sun Nah est dans une phase de grands changements. Changement de musiciens, de producteur, d’agent, de look… Une page se tourne, après dix années de fidélité aux mêmes partenaires (Vincent Peirani, Lars Danielsson, Yoni Zelnik…). Et dix ans encore passés avec le guitariste Ulf Walkenius. Comme si la chanteuse privilégiait les histoires qui se construisent et murissent sur la durée… «  Je suis venue en France pour trois ans et j’y suis restée presque vingt. À présent, je suis très excitée par ce nouveau départ. »

YOUN SUN NAH

She Moves On

(ACT/PIAS)

 

Le 7 juillet à Fontainebleau (Festival Django-Reinhardt), le 9 juillet à Jazz à Vienne, le 14 juillet à Arles (Les Suds), le 17 juillet à Jazz à Sète, le 18 juillet au Nice Jazz Festival, le 9 août à Jazz in Marciac