PAOLO FRESU «Carpe Diem»

Cinq ans après le flamboyant Desertico le Devil Quartet du trompettiste sarde saisit le moment propice pour lancer le plus hédoniste de ses albums. Un disque de plaisir(s), où la musique est jouée en savourant chaque note avec délectation assumée et l’usage de la langue latine ancienne, pour nommer les compositions, n’est pas gratuite. Le plaisir n’excluant pas la conscience du temps actuel («Human Requiem») ni l’humour décalé («Un Posto Al Sole»). C’est probablement l’album le plus « lent » (à deux exceptions près), le plus posé des enregistrements réalisés par le Devil (descendant direct de l’électrique Angel Quartet).  Deux morceaux composés à quatre mains, reflètent aussi la volonté de chanter d’une voix, dans la même direction artistique. Un disque « unplugged », au plus près du toucher, de la frappe et du souffle naturels, comme une approche désirée au son sans aucun artifice. Le Devil Quartet fait de l’écologie acoustique et -mettant sur pause emulators, pédales et traitements électroniques- se rapproche de la dynamique que l’on célébrait jadis chez le quintette historique de Fresu. Sous le signe d’Ouroboros, l’éternel retour à la source.

PAOLO FRESU DEVIL QUARTET

Carpe Diem

(Tuk Music/Socadisc)