BJÖRK «Utopia»


La prolifique chanteuse et compositrice islandaise –Björk Guðmundsdóttir pour l’état civil- a toujours été une créatrice d’univers, une inventeur de mondes, inévitablement en décalage d’avance sur son temps. Dans ce sens, elle est une utopiste dans l’âme, un artiste vraie dans l’échappement vers l’avant, insaisissable à tout raisonnement réaliste dans l’approche esthétique. Réalisatrice d’une musique pop « intelligente », qui profite de sa notoriété pour pousser la création musicale par-delà les confins que l’industrie culturelle veut en imposer, Björk rencontra Karl Heinz Stockhausen et Arvo Part bien avant de collaborer avec les artificiers de l’électronique actuelle. On peut dire que l’Utopia qu’elle joue aujourd’hui est l’expression actuelle de tout le mouvement de sa musique, avec une cohérence organique qui se situe très loin des critères de la beauté hyper tonale et easy listening appliquées à la plupart des productions de musique populaire. Björk a choisi le producteur vénézuélien Alejandro Ghersi -aka Arca- pour l’aider à composer cette Utopia rêvée, désirée, où la femme retrouverait le (son) centre dans le bal de la vie, où la sexualité atteindrait une spiritualité oubliée, où la maternité serait une offrande, où l’intuition deviendrait le moteur de la connaissance. Sans autre beat que celui de la pulsation du cœur, avec un éventail de flûtes et une trame de cordes et sons organiques traités et transformés par l’électronique, d’anciennes mélodies folk, chants d’oiseaux et rires de petits enfants, Utopia sonne comme le printemps d’un monde à réinventer.

BJÖRK

Utopia

(Little Indian/Believe)